Bénin : Romuald Wadagni fait ses choix stratégiques

« Nous sommes condamnés à travailler ensemble. Nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique et surtout en veillant à leur bonne exécution », a déclaré le président Romuald Wadagni lors de son investiture.

Une vision qui s’inscrit dans une logique de souveraineté africaine et de responsabilité collective.

Dès ses premières visites officielles, Nigeria, Niger, Burkina Faso, Romuald Wadagni a montré qu’il avait compris l’importance de l’intégration régionale et les avantages stratégiques qu’elle représente pour le Bénin.

Il sait que les ports structurent les rapports et les relations entre les pays.

Le port de Cotonou est le port naturel du Niger.

Le Burkina Faso peut s’appuyer sur Abidjan, Cotonou, Tema au Ghana ou Lomé.

Le Mali dépend de Conakry ou Dakar, peut être Abidjan aussi.

La réouverture de la frontière Bénin–Niger, cruciale pour l’économie des deux pays, a été annoncée après la rencontre entre Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni, ce 2 juin 2026 à Niamey.

Dans ce paysage régional, le Sahel apparaît comme la « nouvelle terre promise », selon les mots du général Abdourahamane Tiani.

Le Togo l’avait compris très tôt en offrant son port aux pays de l’AES lorsque la CEDEAO avait imposé des sanctions, tandis que le Bénin suivait la ligne de l’organisation sous régionale.

Aujourd’hui, Romuald Wadagni semble vouloir repositionner le Bénin, quitte à bousculer le Togo de Faure Gnassingbé, qui s’était déjà présenté comme le « sauveur » de l’AES.

Une stratégie qui marque l’entrée du Bénin dans une géopolitique pragmatique, fondée sur les intérêts, le corridor économique crucial Niamey–Cotonou et la stabilité régionale.

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