Bénin : Qui a tué Pierre Urbain Dangnivo, le cadre du ministère des finances? Le procès entre dans une phase décisive

Un ancien commissaire évoque un corps « brûlé » pour effacer des traces.

« Je pense qu’après le meurtre, ils ont essayé de faire du bois pour brûler le corps. Mais une main n’était pas totalement brûlée », a déclaré le commissaire à la retraite Prince Aledji à la barre du Tribunal de première instance de Cotonou.

Cette déclaration a été faite lors de la reprise du procès de l’affaire Pierre Urbain Dangnivo, disparu le 17 août 2010 alors qu’il était fonctionnaire au ministère des Finances, il n’a jamais été retrouvé.

Le procès doit permettre au tribunal de faire la lumière sur les circonstances de sa disparition.

Ouvert le 11 mars 2025, le procès a été suspendu après plusieurs audiences avant de reprendre le 26 juin 2026.

Depuis le début des débats, plusieurs témoins ont été entendus, notamment des médecins légistes, des agents de police judiciaire, des responsables du réseau mobile de communication MTN et d’anciens responsables des services de sécurité.

Les deux accusés, Codjo Alofa et Donatien Amoussou, contestent les faits qui leur sont reprochés.

Codjo Alofa a déclaré avoir reconnu les faits lors de l’enquête en échange d’une somme d’argent.

Le 3 juillet 2026, l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, a été entendu à la demande de la défense.

Il a déclaré qu’un de ses informateurs, Aguia Bernardin, lui avait indiqué qu’Akon Isidore serait l’auteur du meurtre de Pierre Urbain Dangnivo.

Selon son témoignage, cette piste avait été examinée avant que l’enquête ne prenne une autre direction.

Louis Philippe Houndégnon a aussi déclaré avoir transmis ces informations à sa hiérarchie. Pour lui, cette piste n’a pas été suivie jusqu’au bout. Il a ajouté qu’une personne encore en vie pourrait aider les enquêteurs à retrouver Akon Isidore et a demandé que son identité soit communiquée au tribunal à huis clos.

Après son témoignage, Codjo Alofa a déclaré avoir connu Akon Isidore en prison, où il occupait la fonction de cabiniste. Il a affirmé l’avoir revu plus tard au quartier Womey. De son côté, Donatien Amoussou a déclaré qu’il n’avait entendu parler d’Akon Isidore qu’au cours de l’instruction.

L’audience du 8 juillet 2026 a été marquée par un débat autour de l’acte de décès de Pierre Urbain Dangnivo, après que les avocats de la famille ont relevé l’existence de deux actes comportant des déclarants différents.

Le tribunal a renvoyé le dossier au 15 juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries.

#AfricaLog

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *