
La candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU est désormais « celle du Sénégal », selon le président Bassirou Diomaye Faye, rompant avec la position initiale de l’État, qui n’avait pas soutenu le dossier déposé par le Burundi.
Cette volte-face replace l’ancien président au centre d’un débat que le pouvoir actuel aurait préféré éviter.
La fin de mandat de Macky Sall a été tumultueuse, marquée par des arrestations jugées politiques, des morts lors des manifestations, et une loi d’amnistie largement critiquée par les organisations internationales.
En soutenant publiquement sa candidature, Diomaye hérite de ce passif, qui revient désormais sous forme de dossier national et international.
Le ministère des Affaires étrangères affirme que Diomaye a « donné pour instruction au gouvernement et au réseau diplomatique de promouvoir la candidature de Macky Sall ».
Une annonce qui ouvre la boîte de Pandore.
Le soutien n’est plus discret, il engage l’État, et donc la responsabilité politique du président.
Pour Diomaye, ancien détenu libéré grâce à la mobilisation populaire contre le troisième mandat, le paradoxe est lourd.
Le Sénégal est lié par le droit international, qui interdit les amnisties empêchant les victimes d’obtenir réparation ou vérité.
La loi d’amnistie de 2024 viole ces principes, selon les Nations unies.
En soutenant Macky Sall, Diomaye expose le Sénégal à un débat juridique sensible et à une contradiction politique.
Un geste diplomatique qui pourrait devenir un fardeau politique, en contradiction avec l’article 98 de la Constitution sénégalaise, qui stipule que les accords internationaux priment sur les lois nationales.
Le droit à la vérité et celui des victimes, au cœur du dossier sont protégés par le droit international.
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