
En invitant Macky Sall au Palais, le président Bassirou Diomaye Faye pensait certainement envoyer un signal politique d’unité nationale.
Mais, le grand bain de foule qui a escorté l’ancien chef de l’État de l’aéroport au Palais aurait surtout revigoré l’APR, un parti démobilisé depuis son départ du pouvoir.
Les militants, longtemps découragés par l’exil de leur leader, absent même lors des législatives ont retrouvé une énergie nouvelle, compliquant la stratégie de la mouvance présidentielle.
Les cadres de l’APR mettent désormais en garde leurs militants de ne pas rejoindre le nouveau parti présidentiel, qui sera lancé ce 25 juillet 2026 sous la houlette du Superviseur Général Mimi Touré, ancienne Première ministre et farouche opposante à Macky Sall en fin de mandat.
Un paradoxe politique. Diomaye s’appuie sur une figure qui a combattu l’APR, tout en espérant rallier l’APR.
En déclarant que la candidature de Macky Sall à l’ONU est désormais « celle du Sénégal », Diomaye aurait mal calculé.
Macky Sall a obtenu un soutien officiel pour sa campagne internationale, et qu’a reçu Diomaye en retour ?
Pour rallier l’APR, Diomaye devrait offrir davantage de concessions, y compris écarter Mimi Touré, à moins de parvenir à réconcilier des factions aujourd’hui rivales.
La réception de Macky Sall au palais a créé un malaise réel dans la coalition Diomaye Président, comme l’a exprimé l’ex-conseiller Alioune Ibnou Abitalib Sow: « Une grande partie des maux que le pays traverse aujourd’hui, c’est Macky Sall. Des Sénégalais sont morts, des familles attendent encore la vérité ».
À la veille du lancement du nouveau parti, Diomaye se retrouve dans une posture délicate.
Quels seront ses arguments lors des échéances électorales à venir, et surtout pour la présidentielle de 2029?
La recomposition politique en cours reste instable.
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