
Adopté par le Sénat sans avoir été soumis à l’Assemblée nationale pour validation, le règlement intérieur de la Haute Chambre suscite de vives interrogations sur l’étendue de ses pouvoirs.
L’article 50 de ce règlement intérieur, au sein d’un Sénat composé de membres non élus et présidé par un ancien président, prévoit un mécanisme de destitution d’un député.
Pour certains observateurs, cette disposition soulève une question plus large: les députés sont élus par le peuple, tout comme le président de la République. Dès lors, si le Sénat dispose du pouvoir d’intervenir jusqu’à provoquer la déchéance d’un député, ce pouvoir pourra-t-il, à terme, s’étendre au chef de l’État, lui aussi issu du suffrage universel?
Si ce n’est pas le cas aujourd’hui, qu’est-ce qui empêcherait ce même Sénat de modifier à nouveau son règlement intérieur demain, si le président refusait de suivre les directives du président du Sénat?
Dans un tel contexte, qui peut encore affirmer que ce Sénat non élu n’est pas l’institution la plus puissante du Bénin?
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