
Au Bénin, les nouvelles règles du Sénat soulèvent des interrogations sur la répartition des pouvoirs, la souveraineté populaire et l’alternance.
Le débat porte notamment sur son règlement intérieur, les pouvoirs de son président et la place de cette institution dans le système politique.
Le règlement intérieur du Sénat, adopté par les sénateurs, prévoit des règles et des sanctions dont la portée suscite des interrogations.
L’opposition ne dispose d’aucun député à l’Assemblée nationale et ne contrôle aucune mairie. Le problème du parrainage devient alors central: où l’opposition peut-elle espérer obtenir le soutien d’élus du système en place pour participer à la prochaine présidentielle?
Ces interrogations nourrissent l’idée d’un « système bouclé », difficile d’accès pour toute alternance politique.
Pour rappel, le parti Les Démocrates avait vu son candidat à la présidentielle de 2026 disqualifié après avoir obtenu 27 parrainages valides, contre 28 requis, un seul parrainage manquant.
Paul Hounkpè, candidat à l’élection présidentielle face à Romuald Wadagni et qui se présentait comme un candidat de l’opposition modérée, a été nommé sénateur parmi les 25 membres du Sénat.
Pour sa candidature à la présidentielle, il avait obtenu les parrainages nécessaires grâce à un accord politique avec les deux principaux partis de la majorité présidentielle, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR).
Avec la nouvelle configuration politique, et un Sénat dirigé par l’ancien président Patrice Talon capable d’exclure un député de l’Assemblée nationale pour n’importe quel motif, comment une candidature d’opposition peut-elle émerger pour porter une alternance?
Sans compétition réelle ni possibilité d’alternance permettant de sanctionner le bilan de l’équipe en place par les urnes, peut-on parler de « démocratie »?
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