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Présidentielle en Guinée: l'armée "exige" des politiques "calme et sérénité"

May 19, 2010

L'état-major général des forces armées de Guinée a "exigé" mercredi de la classe politique "du calme et de la sérénité" en mettant en garde "tous ceux qui attenteraient à l'ordre public et à la sécurité" avant, pendant et après l'élection présidentielle du 27 juin.

"La campagne commence, nous voulons que chacun prenne ses responsabilités, que chacun se mette en tête que la paix n'a pas de prix, nous exigeons du calme et la sérénité pour le peuple de Guinée", a indiqué le colonel Nouhou Thiam, chef d'état-major de l'armée.

Il s'exprimait au cours d'une rencontre entre l'état-major de l'armée et les dirigeants politiques ou leurs représentants au Palais du peuple (Assemblée nationale). La campagne a débuté dans le calme lundi, aucun incident n'a été signalé.

Il a également demandé aux responsables politiques de "sensibiliser leurs militants afin d'éviter tout dérapage". "L'armée n'hésitera pas à mâter s'il y a des débordements", a-t-il insisté.
Le scrutin du 27 juin est présenté comme la présidentielle la plus libre jamais organisée dans le pays depuis l'indépendance en 1958.

Cette élection, avec un éventuel second tour le 18 juillet, mettra un terme à une période de transition, ouverte en janvier, et redonnera le pouvoir aux civils après plus d'un demi-siècle de régimes autocratiques, civils d'abord avec Ahmed Sékou Touré, militaires ensuite.

"Je vous donne l'assurance que les forces armées seront neutres tout au long de cette transition", a ajouté le chef d'état-major de l'armée, affirmant qu'il n'y aurait "plus de trafic d'influence, plus d'ingérence, plus de manipulations".

Selon lui, l'armée va accompagner le processus de "façon responsable". "Une campagne (électorale) ne veut pas dire casse de voitures, campagne ne veut pas dire casse de boutiques, campagne ne veut pas dire injures, campagne ne veut pas dire jets de pierres, etc...", a-t-il insisté.
"L'armée, a-t-il poursuivi, sera à la disposition de celui qui sera démocratiquement élu, c'est pourquoi nous allons vous demander de vous accepter, de vous aimer. Vous n'êtes pas des ennemis, mais des adversaires", a-t-il précisé.

Ce discours ferme de l'armée a été bien accueilli par les principaux leaders politiques.
"Je me réjouis de constater que l'armée guinéenne reste fidèle aux engagements pris par le général Sékouba Konaté de restaurer la démocratie et d'oeuvrer pour le retour à l'ordre constitutionnel", a déclaré Cellou Dalein Diallo, candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).
"J'avais une fois dit que le peuple de Guinée n'avait pas à désespérer de son armée et qu'au sein de la grande muette guinéenne il y avait bien des patriotes, des républicains et des démocrates", a-t-il ajouté.

Homme clé du coup d'Etat militaire de décembre 2008, le général Sékouba Konaté dirige la Guinée depuis la mise à l'écart du chef de la junte, le capitaine Dadis Camara, grièvement blessé à la tête lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre à Conakry.

Aucun militaire ou responsable de la transition, qui associe gouvernement et opposition, ne peut se présenter au scrutin du 27 juin.

Même satisfecit chez Loucény Fall, du Front uni pour la démocratie et le changement (FUDC): "Je pense que si l'armée réaffirme cette vocation républicaine, on doit s'en féliciter".

"Nous nous avons toujours voulu d'une armée républicaine respectueuse des institutions, mieux formée et mieux équipée, une armée qui se donne à la défense du territoire national et pourquoi pas aussi au maintien de la paix", a-t-il poursuivi. - AFP