
Le communiqué du parquet annonçant 76 morts et plus de 200 présumées victimes de torture dans les violences politico-judiciaires de 2021 à 2024 replace ce dossier judiciaire au cœur de l’actualité.
Cette affaire rappelle l’un des principaux points de divergence qui auraient progressivement éloigné les anciens compagnons de route Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.
Sonko réclamait que justice soit rendue aux « martyrs » tombés durant les années de confrontation avec le régime de Macky Sall, tandis que Diomaye privilégiait une logique d’apaisement et de dialogue politique, y compris avec l’APR.
Cette différence d’approche avait nourri de nombreuses interrogations. Pour de nombreux militants de Pastef, les victimes des manifestations et des répressions représentaient un sacrifice qui ne pouvait être effacé au nom de la réconciliation politique.
Après le départ de Sonko de la Primature, le soutien du gouvernement sénégalais à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, suivi d’un tête-à-tête au palais avec le président Bassirou Diomaye Faye, a renforcé les interrogations sur un possible rapprochement avec l’APR.
S’agissait-il d’une stratégie visant à rapprocher l’APR du pouvoir en vue des prochaines échéances électorales?
Avec l’enquête désormais engagée pour des faits susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité, le président Bassirou Diomaye Faye se retrouve dans une situation politiquement délicate.
Peut-on tourner la page avant que toute la vérité n’ait été établie sur les violences de 2021 à 2024?
#AfricaLog