Niger : Polémique après des accusations visant la politique française en Afrique

« Je me dis que c’est la France qui soutient les terroristes. Est-ce que le prochain président de la France va continuer à soutenir les terroristes ou va s’occuper d’autre chose? »

Ces propos du ministre de l’Intérieur du Niger, Mohamed Toumba, illustrent la tension persistante dans les relations entre certains dirigeants africains et la France.

Au fil des décennies, plusieurs épisodes ont nourri les critiques autour de l’influence française en Afrique.

Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, l’affaire des diamants offerts par l’empereur centrafricain Jean-Bédel Bokassa a profondément choqué l’opinion.

Plus tard, sous François Mitterrand, certains observateurs estiment que Paris a soutenu des dirigeants en place au détriment d’autres figures politiques, notamment au Cameroun.

Au Togo, après la mort de Gnassingbé Eyadéma, proche de Jacques Chirac, l’arrivée au pouvoir de son fils Faure Gnassingbé soutenu par Chirac a été vivement contestée.

Au Gabon et au Tchad, les mêmes logiques de continuité dynastique ont également été dénoncées par certains avec des transitions politiques régulièrement interprétées comme étant sous influence de la France.

Dans cette lecture, les déplacements de dirigeants français, Nicolas Sarkozy à Libreville rencontrer Ali à la mort du père Omar et Macron à N’Djamena avec Mahamat à la mort de son père Idriss sont perçus comme des marqueurs d’une diplomatie d’influence.

En Côte d’Ivoire, la France a bombardé les « appareils volants » de Gbagbo pour qu’il ne puisse pas toucher la rébellion.

La crise post-électorale a vu l’intervention française dans la même logique cette fois dans un contexte de guerre civile, avec la neutralisation des capacités militaires de Laurent Gbagbo, accusé de refuser de quitter le pouvoir, bombardant son palais présidentiel pour qu’il capitule.

En Libye, la même année en 2011, ayant le vent en poupe Sarkozy a conduit une intervention militaire contre le guide libyen Mouammar Kadhafi officiellement pour instaurer la démocratie.

Cette opération a profondément bouleversé l’équilibre régional et contribué à l’instabilité au Sahel.

Sous François Hollande puis Emmanuel Macron, la politique française en Afrique une continuité stratégique, notamment au Sahel, où la lutte contre le terrorisme s’est accompagnée de tensions croissantes avec plusieurs États.

Dans cette perspective, les relations franco-africaines restent marquées par des enjeux sécuritaires, économiques et stratégiques, notamment autour de ressources naturelles, l’uranium au Niger.

Le départ de Macron que le ministre nigérien de l’Intérieur Mohamed Toumba attend changera les choses?

Qui doit changer dans cette relation historique?

La France, accusée de maintenir une continuité stratégique dans la défense de ses intérêts?

Ou les dirigeants africains eux-mêmes, confrontés à leurs défis de légitimité, de développement et de souveraineté réelle face à leurs populations. N’est-il pas temps qu’ils assument pleinement leurs responsabilités en faisant des choix bénéfiques au bien-être de leurs concitoyens?

Et comment y parvenir s’ils ne rendent pas compte à ces citoyens, notamment à travers la présentation de bilans en fin de mandat, permettant au peuple de faire des choix éclairés lors d’élections libres et transparentes, au lieu que Macron dicte qu’un tel président doit rester au pouvoir « par devoir » ou qu’un militaire arrivé au pouvoir par les armes décide qu’il doit y rester?

#AfricaLog

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