Sénégal : Retour sur la vision africaine portée par Abdoulaye Wade

En fêtant le centenaire d’Abdoulaye Wade, l’occasion s’impose de revenir sur l’une des ambitions majeures portées pour une Afrique souveraine.

Dès les années 1960, Cheikh Anta Diop offrait au continent une feuille de route visionnaire dans « Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire ».

Il y décrivait comment l’Afrique pouvait conquérir sa souveraineté: intégration régionale, monnaie commune, maîtrise des ressources naturelles, industrialisation, renaissance culturelle. Tout ce qui, aujourd’hui encore, structure les débats sur l’avenir du continent.

Quarante ans plus tard, au début des années 2000, Abdoulaye Wade tente de transformer cette vision en action.

Avec Thabo Mbeki (Afrique Du Sud), Olusegun Obasanjo (Nigéria), Hosni Moubarak (Égypte) et Abdelaziz Bouteflika (Algérie), il lance le NEPAD, ambitieux projet de développement continental fondé sur la bonne gouvernance et des institutions fortes.

Le Sénégal se veut alors moteur d’une nouvelle ère africaine.

Mais au même moment, l’Afrique de l’Ouest s’enfonce dans les crises: rébellion en Côte d’Ivoire, guerres au Liberia et en Sierra Leone, États fragilisés, frontières poreuses.

Difficile de bâtir une intégration régionale quand les voisins s’effondrent. Et avec une Union africaine dépendante de financements extérieurs, le projet continental se heurte rapidement à ses limites.

Sans stabilité interne et sans souveraineté économique, aucune intégration africaine ne peut réussir.

La vision est connue: il faut tirer les leçons des échecs passés.

L’intégration africaine exige un leadership solide dans chaque pays, une stabilité politique et économique réelle, loin des discours creux.

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