
« Je peux dire que le Togo est un partenaire presque stratégique, parce que lorsque certains cherchent à vous étouffer et à vous détruire, et qu’un frère peut vous aider, je pense que la fraternité ne peut aller plus loin que cela. Le Togo est plus qu’un pays frère, c’est un partenaire. Voilà ce que je peux dire.
C’est un partenariat exceptionnel, fondé sur la fraternité, et c’est tout ce que nous demandons. Dire que ce partenariat s’est renforcé avec l’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba serait exagéré : il était déjà solide et cela s’inscrit simplement dans une continuité logique.
Le Togo ne peut pas être en fraternité avec nous et laisser sur son sol quelqu’un qui cherche à nuire à ses frères. D’ailleurs, nous avions souhaité depuis longtemps que le Togo le garde. Ce n’est donc pas une décision nouvelle. Mais, à un moment donné, face à des preuves accablantes, les autorités togolaises ont décidé de le renvoyer pour qu’il ne constitue pas un obstacle à notre progression.
Cela mérite également d’être salué », a déclaré récemment le capitaine Ibrahim Traoré.
À force de dénoncer certains modèles tout en s’en rapprochant, le discours révolutionnaire perd en crédibilité. La question se pose désormais.
« Ibrahim Traoré mène-t-il une révolution ou organise-t-il une confiscation du pouvoir. Sa ligne de conduite est-elle idéologique ou simplement opportuniste?
Le capitaine Ibrahim Traoré s’est construit sur une ligne de rupture, dénonçant les systèmes politiques hérités et l’influence de la France en Afrique.
Or, le pouvoir héréditaire togolais de soixante ans est régulièrement présenté par ses détracteurs comme s’inscrivant dans cette continuité.
L’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé, fils de Gnassingbé Eyadéma, avec le soutien de la France, a été brutale.
Quel est le discours du capitaine révolutionnaire envers les familles des victimes de ce régime?
La décision du Burkina Faso et du Mali de se rallier au Niger en cas d’intervention de la CEDEAO, avec le soutien de la France, constituait un tournant décisif pour la dignité du continent africain.
Loin d’être un simple geste de solidarité, cette posture traduisait une volonté affirmée de rompre avec une longue tradition d’ingérences, notamment au Togo, où Gnassingbé Eyadéma a modifié la Constitution pour se maintenir au pouvoir.
Après sa mort, un coup de force de l’armée a permis l’imposition de son fils, avec le soutien de la France de Jacques Chirac.
Paradoxalement, est-ce cela le « partenariat exceptionnel » du « révolutionnaire »?
Puisque le capitaine a affirmé qu’ »un ignorant ne peut pas être révolutionnaire », faut-il alors accepter cela?
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