
La tournée africaine d’Emmanuel Macron s’est achevée en Éthiopie avec un passage remarqué au siège de l’Union africaine.
Officiellement, il était question de gouvernance inclusive et de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais pour de nombreux observateurs africains, une autre lecture s’impose.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, est l’ancien ministre des Affaires étrangères de Djibouti, pays dirigé depuis des décennies par Ismaïl Omar Guelleh, récemment réélu pour un sixième mandat et qui avait décoré Emmanuel Macron il y a peu.
Djibouti est également l’un des rares pays africains où la France conserve encore une importante base militaire permanente, symbole, pour certains, de la persistance de l’influence stratégique française sur le continent.
Cette proximité nourrit les critiques de ceux qui accusent Paris de maintenir, à travers certains alliés africains, une influence discrète mais profonde dans les institutions continentales.
La désignation du Togo de Faure Gnassingbé, le doyen des chefs d’État de la CEDEAO comme médiateur de l’Union africaine dans la crise en République démocratique du Congo suscite également des interrogations.
Pour certains détracteurs, l’Union africaine semble davantage servir des équilibres diplomatiques hérités de la Françafrique qu’incarner une véritable indépendance politique continentale.
Pendant que Macron plaide pour donner plus de place à l’Afrique à l’ONU, ses critiques estiment que le vrai débat est ailleurs.
Les dirigeants de l’Union africaine expriment-ils réellement la voix du continent ou sont-ils devenus les relais d’influences étrangères?
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