Mali : Mais vraiment, certains pensent-ils que les mercenaires de l’Africa Corps sont au Mali par simple amitié?

Comprendre pourquoi leur présence doit être étroitement surveillée.

L’Africa Corps a remplacé le Groupe Wagner après la rébellion avortée contre Poutine et la mort du patron du groupe, Evgueni Prigojine, dans un crash d’avion en 2023.

Après cet événement, Africa Corps a été créé sous l’autorité directe du ministère russe de la Défense afin de reprendre les opérations russes en Afrique.

L’exemple syrien pousse aussi certains observateurs à la prudence.

Alors que la Syrie était un allié stratégique majeur de Moscou, il faut voir comment Bachar el-Assad a fini par tomber.

Aujourd’hui, celui qui a pris sa place a lui aussi été reçu au Kremlin par Poutine.

Pour beaucoup, cela rappelle qu’en géopolitique, il n’existe pas d’amitié éternelle, seulement des intérêts.

Puisque les images et le communiqué d’Africa Corps semblaient clairs sur un retrait des soldats russes de Kidal dans un contexte jugé étrange, présenté comme un accord avec des groupes armés, certains estiment qu’il faut regarder la réalité en face, prendre des précautions et rester vigilant.

Pourquoi? Parce que le territoire de « l’Azawad » revendiqué par les groupes armées est immense pour une population relativement faible.

Historiquement, plusieurs puissances étrangères ont souvent joué sur les divisions territoriales en Afrique afin de contrôler des zones riches en ressources, loin d’un pouvoir central fort.

Il faut aussi comprendre que la Russie était présente lors du partage de l’Afrique pendant la Conférence de Berlin.

Mais contrairement aux puissances occidentales comme la France ou le Royaume-Uni, Moscou était surtout focalisée sur son expansion en Europe de l’Est.

C’est notamment pour cette raison qu’elle n’a pas obtenu de grandes colonies africaines comme les autres puissances européennes.

Un gouvernement dont la sécurité dépend largement d’une puissance étrangère peut-il réellement négocier d’égal à égal avec elle?

D’autant plus que la Russie ne cache plus son intérêt pour les ressources minières du Mali.

Si le Mali réclame 60 % des revenus d’un projet et que la Russie décide d’imposer 15 %, que peut réellement faire Bamako si sa sécurité dépend fortement de Moscou?

Cette logique dépasse d’ailleurs le seul cas malien et s’applique aux autres pays africains.

Le véritable enjeu est désormais le renforcement de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Construire un partenariat avec la Russie peut être bien, mais laisser une puissance étrangère contrôler durablement la sécurité du Mali pourrait devenir un risque majeur pour la souveraineté du pays.

Avec la Russie, les réflexions géopolitiques doivent être menées comme une véritable partie d’échecs.

Les dirigeants africains sont-ils capables, ou prêts, à jouer à ce niveau stratégique?

#AfricaLog

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