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Le début d’un dialogue forces de défense et médias Guinéens

Apr 08, 2011

Le 6 avril, s’est tenu à Conakry un atelier portant sur : « Bonne entente entre médias, forces de défense et de sécurité ». L’objectif est de favoriser la saine collaboration entre la grande muette et la grande bavarde, dans le respect des droits et des responsabilités de chacun des deux groupes. L’atelier a bénéficié de l’appui de l’ONG danoise, IMS (International media support), en collaboration avec AGEPI (Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante). Une centaine de policiers, de gendarmes et des journalistes ont participé à la rencontre. C’est la suite de celui organisé en mai 2010, portant sur les relations entre les deux groupes, en période électorale.

M. Antti Kuusi, représentant d’IMS, a souhaité poursuivre la coopération dans «un esprit d’ouverture et de confiance.» Il a rassuré que IMS est prêt à l’avenir, « à soutenir ce type de coopération en Guinée. » Antti Kuusi a également annoncé qu’IMS est en train d’élaborer un programme visant à « permettre aux médias à mieux comprendre leur rôle d’arbitre de la société et non diviseur de la société».

La Présidente du CNC (Conseil national de la communication), Mme Martine Condé, a rappelé que son institution a récemment organisé un colloque sur les médias guinéens face aux défis du changement. L’un des sous-thèmes développés a porté sur le nécessaire rapport de collaboration entre médias, forces de défense et de sécurité et la justice. Mme Condé estime que la rencontre a permis de connaître que les militaires, gendarmes ou policiers doivent passer par le CNC, avant de faire toute descente musclée dans les salles de rédaction pour régler leur compte aux journalistes. Parlant de l’atelier organisé par l’AGEPI et IMS, elle pense que le sujet est toujours d’actualité, du simple fait qu’il « constitue de nos jours, l’une des problématiques de l’exercice de la profession de journaliste, à laquelle il faut trouver une solution idoine.» Ce qui pourrait faciliter le travail de régulation qu’assume son institution. La présidente du CNC a souhaité que la rencontre permette aux participants de connaître les textes de loi qui régissent leurs professions respectives. Elle a réitéré sa volonté de voir ce dialogue se poursuivre et se pérenniser en faveur des journalistes et des services de sécurité, avant de remercier l’AGEPI pour l’initiative et IMS pour le soutien.

Me Abdoul Kabèlè Camara, Ministre délégué chargé de la Défense Nationale, a dit que l’atelier intervient dans la recherche des pistes de solution de l’un des problèmes clefs des relations publiques des FDS (Forces de défense et de sécurité) du pays. Il croit savoir : «Dans l’histoire de la couverture médiatique des interventions des forces de défense et de sécurité dans une situation de crise ou de guerre, deux visions différentes opposent toujours les forces et les médias. Les forces veulent contrôler toutes les informations relevant du théâtre des opérations, si nécessaire par la censure. Tandis que, a-t-il poursuivi, les médias veulent rapporter toutes les nouvelles du théâtre, au mieux sans interférence militaire. Si pour les Forces de défense et de sécurité se soucient de contrôle militaire de l’information se justifie par l’impératif de préserver la sécurité des troupes et celle des opérations, pour les médias, la nécessité d’informer est inscrite dans les fondements démocratiques de la liberté de presse et le rôle même de contre-pouvoir de professionnel de l’information.» Le ministre Kabèlè Camara a toutefois précisé : « Si les deux visions sont légitimes, elles ne sont pas totalement incompatibles, car elles s’accordent sur la nécessité d’informer le peuple pour lequel les forces existent et au nom duquel elles interviennent pour faire respecter sa volonté, ses aspirations et défendre ses intérêts ».

Il souligne que le défi est alors de trouver un équilibre entre les visions des deux corporations selon le contexte particulier de chaque intervention des forces en tenant compte des particularités de chaque pays. Me Kabèlè est convaincu que l’atelier permettra aux deux groupes de se parler pour se connaître et connaître les prérogatives et les limites légales de chacun, afin de promouvoir une coopération saine entre les médias et les Forces de Défense et de Sécurité.

Entre autres recommandations, il a été évoqué la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre médias, responsables chargés de l’application des lois, acteurs politiques et agents de l’administration publique, en vue de favoriser de meilleures relations de partenariat. Encourager les FDS à instaurer des journées portes ouvertes au sein des casernes et unités pour permettre aux professionnels des médias de se familiariser avec l’environnement dans lequel travaillent les FDS et mieux connaître les rigueurs liées au travail des FDS.

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