
À l’ONU, rien n’est simple. La procédure est présentée comme transparente et inclusive, mais le pouvoir réel reste concentré entre les mains des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale: Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis, un club qui n’a jamais été réformé.
À noter que la France était sous occupation et a été libérée.
Les 10 membres non permanents cette année sont : Danemark, Grèce, Pakistan, Panama, Somalie, Bahreïn, Colombie, RDC, Lettonie, Libéria.
Pour les deux candidats africains, Macky Sall (Sénégal) et Olara Otunnu (Ouganda) la position des cinq puissances reste imprévisible.
La proximité de Macky Sall avec Paris peut être un atout diplomatique, mais aussi un risque dans un contexte où la Russie avance en Afrique, notamment dans des pays historiquement liés à la France.
Moscou acceptera t-elle un candidat perçu comme proche de Paris? Rien n’est certain.
Moscou n’a pas toujours contré les initiatives françaises en Afrique.
L’histoire complique la lecture. la Russie n’a pas utilisé son veto lorsque Sarkozy a poussé l’OTAN à frapper Kadhafi. Elle n’a pas non plus bloqué l’opération voulue par Sarkozy qui a conduit à la chute de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.
Chaque puissance votera selon ses intérêts stratégiques, pas selon une logique régionale.
Le risque de veto contre Macky Sall existe, compte tenu de sa proximité avec Paris et du climat géopolitique actuel. Mais le vote est secret, les alliances fluides, et les calculs des cinq puissances souvent opaques.
Pour être présenté à l’Assemblée générale en septembre 2026, un candidat doit obtenir 9 voix sur 15, sans veto.
Les cinq puissances peuvent donc soutenir, bloquer ou torpiller un candidat sans jamais rendre publiques leurs motivations.
Par exemple, pour le récent vote de renouvellement du mandat du haut commissaire aux droits de l’homme, qui n’était pas un vote secret, les États-Unis ont eu des divergences avec la France.
La France a fustigé le vote des États-Unis, le comparant à « celui de la Corée du Nord, de la Russie, du Nicaragua et du Mali ».
144 États ont soutenu Volker Türk, 10 s’y sont opposés, dont les États-Unis.
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