
« On ne juge pas un charpentier, on ne juge pas un menuisier. On juge un ancien ministre de la Justice, un avocat, un enseignant en droit », a déclaré l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba qui a claqué la porte de la Cour de cassation où se tenait son procès.
Il soutient qu’il ne devrait plus être jugé par cette juridiction puisqu’il n’est plus ministre, tout en rappelant lui-même qu’il demeure une personnalité importante.
Ironie du sort, celui qui avait théorisé la “dictature de la loi”, se retrouve aujourd’hui dans le rôle de l’accusé.
Déjà condamné une première fois, il risque désormais jusqu’à 20 ans de prison et dénonce une « mafia » qui s’acharnerait contre lui.
Porté par le « populisme », il avait commencé à faire de l’ombre au président Félix Tshisekedi, aujourd’hui engagé dans une bataille politique autour d’un troisième mandat.
La récente décision de la Cour constitutionnelle de faire sauter le « verrou » de l’article 220 de la Constitution, qui interdit la modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels, pourrait être un élément clé du contexte politique.
Constant Mutamba invoque Socrate: « Condamnez-moi à mort et je boirai la ciguë », dit-il.
Mais la comparaison sonne faux. Il apparaît davantage comme un « sophiste », le type de personne que Socrate combattait.
S’il voulait réellement incarner une figure de résistance, contre la « mafia », Constant Mutamba le « révolutionnaire » aurait pu transformer son procès en tribune, à l’image de Fidel Castro, et appeler à une mobilisation contre la révision constitutionnelle plutôt que de quitter l’audience en menaçant de boire le poison comme Socrate, qui avait accepté de mourir pour la vérité plutôt que de fuir la justice, malgré une condamnation injuste.
#AfricaLog