Sénégal : « Cohabitation ». Le Sénégal doit-il « restructurer » sa dette ou courir vers le défaut de paiement?

La crise de la « dette cachée » a révélé l’ampleur du gouffre laissé par l’ère Macky Sall, malgré ses assurances d’avoir quitté un pays « aux indicateurs au vert ».

En réalité, un État étranglé par le service de la dette.

L’exemple du Ghana de John Mahama est éclairant.

Surendetté comme le Sénégal après les emprunts massifs du président Nana Akufo-Addo, décoré par Emmanuel Macron à la fin de son mandat, le Ghana a évité le chaos en négociant des allègements, puis en réformant.

La dette est redevenue soutenable et la confiance des investisseurs restaurée.

Pour le Sénégal, le dilemme est clair:

Sans restructuration du FMI: risque de défaut de paiement, explosion des intérêts.

Avec restructuration du FMI: dépendance accrue au FMI, un atterrissage contrôlé, rassurant pour les investisseurs.

Les observateurs restent divisés. Certains dénoncent une dette « odieuse », d’autres redoutent une restructuration avec le FMI qui abîmerait l’image financière du pays.

Le leader de Pastef, Ousmane Sonko a parlé d’une « honte ».

Le vrai débat n’est plus: fallait-il s’endetter? Le Sénégal est déjà surendetté. La question est: comment sortir du gouffre?

Refuser de négocier avec le FMI pour restructurer reviendrait à dire aux créanciers: « Vous nous avez prêté l’argent. Nous n’avons pas les moyens de rembourser et nous refusons de discuter avec vous pour trouver des termes plus appropriés ».

Dans ce cas, qui prêtera encore au Sénégal demain? C’est précisément ce que permet une « restructuration », préserver la confiance.

Le président Bassirou Diomaye Faye est pour la restructuration. Le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko semble contre.

Le Sénégal est en cohabitation et il y a la divergence entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

Si Diomaye décide sans l’accord de Sonko, ce dernier dispose d’un levier institutionnel, la motion de censure, qui peut renverser le gouvernement. C’est le cœur du rapport de force.

Le temps presse. Le Sénégal doit dire avant la fin du mois au FMI s’il accepte ou non la restructuration.

Quelle est votre recommandation? Accepter ou rejeter la restructuration de la dette?

#AfricaLog

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