
Alors que le président français Emmanuel Macron a annoncé un investissement de 27 milliards de dollars en Afrique lors du sommet Africa Forward à Nairobi, de nombreuses voix africaines appellent à la prudence.
Pour les sceptiques, la France ne doit plus reproduire le modèle de la « Françafrique » marqué par des accords jugés déséquilibrés entre certains dirigeants africains et Paris.
Selon eux, ces partenariats profitent davantage aux élites politiques qu’aux populations, tout en affaiblissant la souveraineté des États africains.
Cette méfiance s’explique par une longue histoire d’exploitation, notamment en Afrique francophone.
Beaucoup accusent Paris d’avoir, pendant des décennies, influencé les dirigeants locaux, soutenu des régimes contestés et entretenu une dépendance économique favorable aux intérêts français.
Pour les détracteurs de la politique française, « la France a assez pillé l’Afrique ».
Ils estiment que les investissements annoncés profitent souvent davantage aux entreprises étrangères qu’aux économies locales.
Certains résument ce déséquilibre par une formule devenue populaire: « la France donne 10 % et garde 90 % ».
Le débat intervient aussi dans un contexte diplomatique sensible, après l’abstention récente de la France lors du vote à l’ONU visant à reconnaître l’esclavage et la traite transatlantique comme des crimes contre l’humanité. Une décision qui a alimenté les critiques sur la relation historique entre Paris et le continent africain.
Entre promesses de co-investissement et accusations de néocolonialisme, l’initiative française révèle le scepticisme grandissant d’une partie de l’Afrique envers Paris.
Pour beaucoup, la France doit désormais démontrer qu’elle a changé. Les populations africaines réclament des partenariats plus équilibrés, transparents et respectueux de la souveraineté des pays où la France souhaite investir.
Certains estiment même que la France devrait concentrer davantage ses investissements sur ses propres priorités internes, où les besoins économiques et sociaux restent importants.
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