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Centrafrique: coup d'État déjoué, Patassé montré du doigt

Mar 15, 2010
Le gouvernement centrafricain a annoncé samedi sur la radio nationale avoir déjoué un projet de coup d'État prévu la semaine prochaine, les renseignements ayant mis en cause l'ex-président Ange Félix Patassé, qui rejette toute implication.
L'annonce de l'échec du projet supposé a été faite par le ministre de la Sécurité nationale et de l'Ordre public, Jules Bernard Ouandé, à l'antenne de Radio Centrafrique dans une déclaration dont l'AFP a obtenu l'enregistrement.
Il a affirmé disposer «depuis hier (vendredi) soir» des informations relatives à ce projet, programmé du 15 au 20 mars, dans lequel seraient impliqués plusieurs militaires et personnalités politiques qu'il a refusé d'identifier.
«C'est marqué: Plan d'attaque», a dit M. Ouandé, lisant le document à l'antenne de Radio Centrafrique.
Selon ce texte, l'opération supposée devait débuter lundi par «la rencontre et la vérification des éléments, des commandos, des mercenaires, des kamikazes, ainsi que des miliciens».
«Distribution des armes, munitions, tenues», «répartition des chefs des opérations», «remise des sous et reconnaissance du terrain», «coupure de toutes les lignes téléphoniques» devaient se dérouler du 16 au 19 mars.
Ces séries d'actions devaient permettre aux auteurs du projet de coup présumé de laisser s'exprimer le «porte-parole de leur mouvement» le 20 mars à 10H00, soit cinq heures avant «l'ouverture des frontières et la déclaration du chef de l'État dont je ne veux pas citer le nom», a ajouté le ministre Ouandé.
«Je ne vais pas dire de nom», a-t-il plusieurs fois répété. Il a mentionné un passage évoquant des «renforts des éléments dans le domicile de AFP», généralement utilisés dans le pays pour désigner l'ex-président (1993-2003) Ange-Félix Patassé d'après ces initiales.
«Je peux vous dire que le gouvernement centrafricain au su de ces informations, a pris les dispositions qui s'imposent», a assuré le ministre Ouandé, sans fournir de détails.
Joint depuis Libreville, M. Patassé a réfuté toute implication dans une tentative de prise du pouvoir par les armes, assurant avoir toujours «lutté pour aller aux urnes».
Il a révélé avoir été mis en cause par les services de renseignements dans un rapport adressé à l'actuel président, François Bozizé.
Son entourage a transmis à l'AFP une «fiche spéciale» datée du 8 mars, mentionnant comme objet: «Préparatif de coup de force allant de la période du 15 au 20 mars».
«Un coup de force est en vue, ourdi par les éléments KAMIKAZE commando, mercenaires, expatriés et milices à la solde de l'ex-président Ange-Flélix PATASSE», peut-on y lire.
«Hier (vendredi), j'ai reçu» ce document, «je n'ai même pas pris ça au sérieux», a déclaré M. Patassé, précisant s'être senti visé par ses initiales dans la déclaration du ministre Ouandé.
«En Centrafrique, quand on dit AFP, on pense à Ange-Félix Patassé. J'ai téléphoné au ministre. Il m'a dit qu'il ne s'agissait nullement de moi», a dit M. Patassé, soupçonnant les autorités d'une manoeuvre pour tenter de «(l)'éliminer du circuit électoral».
Il est candidat déclaré à l'élection présidentielle fixée officiellement au 25 avril, qui doit se dérouler en même temps que des législatives. «J'ai été élu deux fois, cette fois, je vais aller (au scrutin) et je vais gagner!», a lancé M. Patassé, qui a été renversé le 15 mars 2003 par François Bozizé.
Selon un décret présidentiel, la campagne électorale est prévue du 12 au 23 avril. La Centrafrique tente de mener à son terme un processus de paix après avoir été confrontée pendant des années à des rébellions, coups d'État et exactions de rebelles, militaires et «coupeurs de routes». - AFP